Le secteur de l'énergie ne connaît pas la crise, notamment les filières pétrole, gaz et nucléaire qui embauchent à tour de bras. Grands groupes, sociétés de conseil et sous-traitants cherchent en priorité des profils d'ingénieurs ayant déjà une première expérience. Faute de candidats, les salaires sont à la hausse.
Soutenue par une demande mondiale en hausse, la croissance des entreprises du secteur énergétique ne faiblit pas. Les salaires qu'elles proposent suivent la même tendance, à la hausse.
C'est la loi de l'offre et de la demande. Sur un marché de l'emploi en tension, les salaires ont tendance à grimper. Le secteur de l'énergie ne déroge pas à la règle. « On manque effectivement d'ingénieurs. Et plus il y a de rareté, plus il faut payer », résume Henri Floret, associé chez Ores Search, un cabinet spécialisé dans le recrutement de cadres expérimentés pour les filières gaz et pétrole. « C'est surtout vrai pour certains profils qui peuvent se vendre très cher sur des missions ponctuelles pour des sous-traitants. Ça l'est un peu moins pour les grands groupes qui ont une politique salariale structurée ».
Prime à l'expérience
Cette pénurie relative de candidats tient aux profils recherchés par les acteurs de la filière. En plus d'un diplôme d'ingénieur, si possible en énergie (ENSE3, INSA, ENSTA, Centrale, Polytech'Orléans,…), une spécialité est généralement exigée : calcul, informatique, contrôle commande… « En outre, l'expérience prime sur le diplôme, ajoute Michel Nosrée, qui dirige une agence Manpower spécialisée dans l'ingénierie. Quelle que soit l'école qui a délivré le titre d'ingénieur, ce qui importe, ce sont les 3 à 5 ans d'expérience ».
Les perles rares réunissant ces trois conditions sont difficiles à recruter. Voire à débaucher. Les salaires constituent donc un produit d'appel pour les recruteurs. « Ça monte assez vite » souligne Michel Nosrée qui parle d'une rémunération annuelle de 60 000 euros pour un poste de chargé de projet expert ou de chargé d'affaires dans la pétrochimie.
Des salaires attractifs sur les métiers émergents
Sur les métiers émergents, liés à la gestion intelligente des bâtiments et aux enjeux de l'efficacité énergétique, « les demandes affluent » indique François Hugenschmitt, du cabinet Clima-Conseil, qui peine à trouver des candidats avec une dimension internationale. « Il est par exemple impossible de trouver un ingénieur frigoriste qui parle anglais, ou pire allemand » regrette-t-il.
Pourtant, les salaires sont là aussi attractifs. Embauché par un cabinet d'études ou une société de conseil, un jeune cadre peut gagner de 35 à 40k€ sur un poste d'ingénieur études et conseil en efficacité énergétique, selon le référentiel Apec des métiers cadres du secteur de l'énergie. Même si elles connaissent un coup d'arrêt, les filières énergies renouvelables offrent également des rémunérations compétitives. Un chef de projet dans le photovoltaïque ou l'éolien, chargé de l'implantation de nouvelles centrales de production, est rémunéré de 35 à 45 k€ en début de carrière. Devenu cadre confirmé, son salaire oscillera de 45 à 55 k€.
Raisonner globalement
Dans ce contexte, négocier son salaire à l'embauche est monnaie courante. « Il faut être pragmatique et attendre le moment propice » conseille Henri Floret qui recommande « d'appâter l'entreprise » avant d'aborder la question de la rémunération. Selon le recruteur, c'est l'expérience qui fait la différence. « Ce qui retient l'attention, c'est la personnalité d'un candidat, ce qu'il a pu entreprendre et ce qu'il va pouvoir apporter que les autres n'ont pas ».
Avant d'avancer une fourchette, il convient de s'informer « en multipliant les contacts pour se faire sa propre idée », préconise Henri Floret. Lors de la négociation, il ne faut pas se focaliser sur le salaire brut mais plutôt raisonner globalement. « Il faut surtout tenir compte des à-côtés - bonus, intéressement, participation, etc. - sur lesquels les recruteurs ont plus de latitude ».
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