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Quelles perspectives pour les ingénieurs en 2012 ?

En dépit d’un contexte économique maussade, les entreprises devraient recruter des milliers d’ingénieurs en 2012, sans pour autant se lancer dans une course effrénée à l’embauche. Leur cible privilégiée : les profils ultra-spécialisés ayant 5 à 10 ans d’expérience. Si ces perles rares verront leurs salaires se bonifier, les autres ingénieurs se contenteront de maigres augmentations.

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La demande d'ingénieurs ne faiblit pas

Par G. Dirat ©Cadresonline le | Réagir | 1 commentaire

Malgré les soubresauts économiques, les entreprises françaises et les sociétés de services et de conseil devraient recruter des milliers d’ingénieurs en 2012. Le point sur les opportunités à saisir en termes d’embauche.

Après un léger tassement en septembre dernier, la demande d’ingénieurs s’est revigorée et ne baisse pas en ce début 2012. Malgré la crise, « on ne ressent pas de ralentissement. Il y a un peu d’attentisme en raison du contexte économique et de l’imminence des élections présidentielles mais les besoins sont là », observe Philippe Vidal, directeur du cabinet Vidal Associates. « Les perspectives sont plutôt bonnes, confirme de son côté Nicolas Leroy, directeur de la division ingénieurs de Michael Page. Le marché reste bien orienté, les entreprises ont appris à vivre en crise. »

Avec des carnets de commande remplis et de nombreux projets de développement, la plupart des groupes industriels publient des centaines d’offres d’emploi. Leurs sous-traitants, notamment les SSII et les sociétés de conseil en ingénierie, leur ont également emboîté le pas. Assystem prévoit par exemple d’embaucher 1400 ingénieurs cette année. « Nous devons renforcer nos équipes pour assurer notre croissance », explique Christelle Jacq, coordinatrice du recrutement. Elle aussi témoigne d’un « optimisme prudent, mais engagé », évoquant le chiffre des 2500 recrues si la société remporte un maximum de projets dans ses champs d’activité.

Des secteurs qui restent dynamiques

La filière aéronautique profite de l’appel d’air des commandes passées par Airbus, l’avionneur prévoyant d'engager 800 ingénieurs. Après une année 2011 très dynamique, les acteurs du rail – la SNCF, Alstom et la RATP – vont également continuer à embaucher. « Les secteurs des énergies fossiles ou renouvelables sont eux aussi en phase de recrutement », signale Philippe Vidal, citant les industries pétrolières, gazières, électriques ou le nucléaire. Sans oublier le BTP, avec une reprise des chantiers, ou le luxe, avec « des postes à pourvoir en usine et en développement », indique Nicolas Leroy.

Dans l’informatique, la prévision de croissance mollassonne ne devrait pas affecter l’emploi. La majorité des SSII ayant annoncé qu’elles maintenaient leurs objectifs d’embauche. En revanche, les opportunités seront plus rares chez les constructeurs automobiles, hormis peut-être sur les projets de voitures électriques, « où tout le monde recherche des experts qui ne sont pas encore formés sur le sujet », constate Christelle Jacq.

Quoiqu’il en soit, les exigences des recruteurs semblent se durcir vis-à-vis des ingénieurs. Le contexte actuel est propice aux embauches, sans qu’il y ait « d’urgence à recruter », prévient toutefois Christelle Jacq. « On va prendre le temps de trouver les bons candidats, c’est-à-dire des profils compétents et passionnés par leur spécialité. » Résultat : les processus de sélection s’allongent. Alors que deux ou trois entretiens suffisaient par le passé, « il n’est plus rare d’enchaîner cinq à six rendez-vous avant d’être embauché », constate Nicolas Leroy.

Une demande soutenue dans les études et la R&D

Les postes en usine restent valorisés, en qualité comme en management de production. « 40% des besoins en recrutement concernent les ingénieurs d’études », observe néanmoins Nicolas Leroy. « Les entreprises ont besoin d’experts en électronique embarquée, en instrumentation, en tuyauterie, en process… Ils vont travailler en R&D, sur des projets internationaux, pour concevoir de nouveaux produits ou de nouvelles installations industrielles. » Et selon le directeur de Michael Page, il y aurait pénurie d’ingénieurs expérimentés capables de s’insérer dans des équipes multiculturelles et pluridisciplinaires.

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