En dépit d’un contexte économique maussade, les entreprises devraient recruter des milliers d’ingénieurs en 2012, sans pour autant se lancer dans une course effrénée à l’embauche. Leur cible privilégiée : les profils ultra-spécialisés ayant 5 à 10 ans d’expérience. Si ces perles rares verront leurs salaires se bonifier, les autres ingénieurs se contenteront de maigres augmentations.
Salaires : pas d'euphorie en 2012 pour les ingénieurs
Par G. Dirat ©Cadresonline le |
Les rémunérations ne sont pas à la fête, crise économique oblige. Pour autant, les ingénieurs devraient voir leurs salaires progresser légèrement en 2012. Surtout les profils justifiant d’une double compétence.
Les fiches de paie des ingénieurs reprennent timidement des couleurs. Le recul constaté en 2008 a été compensé même si « les salaires sont plutôt stables, avec de faibles augmentations, hormis pour les quelques spécialités qui ont la cote et profitent du jeu de l’offre et de la demande », observe Gérard Duwat, président de l’Observatoire rattaché au CNISF. Selon l’enquête 2011 de l’Observatoire sur l’emploi des ingénieurs, leur salaire médian a atteint 52 970 euros bruts annuels, soit 970 euros de plus qu’il y a trois ans, ou « trois fois le salaire médian en France », souligne le responsable de l’étude.
Cette croissance limitée devrait se confirmer en 2012. « Vu le contexte économique incertain, les entreprises ne sont pas encouragées à faire des folies », affirme Nicolas Leroy, directeur de la division ingénieurs de Michael Page. La demande est certes soutenue, mais « il n’y a pas de course au recrutement, donc pas de pression sur les salaires à l’embauche », souligne Christelle Jacq, coordinatrice du recrutement chez Assystem.
Priorité à l’expérience et à l’expertise
Quant aux professionnels déjà en poste, ils ne doivent pas s’attendre à des hausses faramineuses. Hormis pour les cas de promotion interne, les enveloppes des managers sont assez réduites. Quoiqu’il en soit, « les augmentations de salaires sont gérées de manière individuelle et attribuées au mérite », indique Philippe Vidal, directeur du cabinet Vidal Associates.
Seule certitude : l’année s’annonce compliquée aussi bien pour les juniors que pour les seniors. « Les entreprises vont embaucher en fonction de leurs besoins présents. Elles recherchent donc des ingénieurs opérationnels, qui ont 5 à 10 ans de métier, qui sont experts dans un domaine, mais dont la rémunération n’est pas trop élevée », précise Nicolas Leroy. Selon l’expertise acquise, la rémunération de ces profils cotés peut atteindre entre 50 000 et 60 000 euros bruts annuels. Voire plus dans l’informatique, où les recruteurs s’arrachent les spécialistes des langages Internet ou du cloud computing.
Les doubles compétences valorisées
Pour revoir leurs prétentions salariales à la hausse, les ingénieurs devront donc apporter un plus qui dépasse le cadre de la technique : une ouverture internationale, la pratique du management, des aptitudes commerciales… « Aujourd’hui, la démarche d’un ingénieur est plus transversale qu’avant. Il doit être capable d’appréhender les problématiques liées à la gestion des hommes et des projets, en intégrant ces nouvelles dimensions dans la prise de décision », remarque Philippe Vidal, ajoutant que l’anglais demeure un « réel atout ».
S’il veut vraiment majorer sa rémunération, l’ingénieur français peut toujours tenter sa chance à l’étranger, où « il s’exporte très bien car il reste une valeur sûre », signale Gérard Duwat. Aux Etats-Unis, il peut ainsi espérer gagner plus de 125 000 euros annuels. Tandis qu’en Chine, sa rémunération peut facilement dépasser les 135 000 euros par an.
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