L’évolution croissante des techniques de soins couplée aux départs à la retraite de la génération « papy-boom » font de la santé un secteur attractif en termes de recrutements. Pourtant, le dynamisme de la filière ne suffit pas à encourager les vocations. Depuis plusieurs années, les établissements de soins doivent en effet composer avec une difficulté de taille : la pénurie de certains profils de cadres.
Dans le secteur de la santé, la rareté ne fait pas forcément la cherté. En 2012, les packages de rémunérations des cols blancs ne devraient pas décoller, restrictions budgétaires obligent.
Ce n’est pas parce que les cadres sont sollicités de toute part dans la santé qu’ils arrivent systématiquement à faire grimper leurs rémunérations. « Cette année, l’inflation ne sera pas reportée sur les salaires des cadres dans la mesure où notre système de santé rééquilibre ses comptes et comble ses déficits », annonce d’emblée Philippe Palacin, directeur du département santé du cabinet Mercuri Urval. Un avis amplement partagé par Yoann Béné, consultant senior au sein du cabinet Hays Santé. « Les établissements de soins subissent des pressions financières de la part des tutelles et ne peuvent pas ouvrir leurs bourses pour attirer les professionnels de la santé, aussi rares soient-ils », indique-t-il.
Une latitude dans le privé
Une enquête du cabinet Hays parue en février dernier abonde dans ce sens. Elle indique en effet que les rémunérations des cadres de la Santé se stabilisent en 2012. Seule une fonction échappe à cette tendance : celle du directeur d’établissement, dont la fourchette de rémunération annuelle se situe désormais entre 85 et 140 k€ alors qu’elle ne dépassait guère les 120 k€ en 2011. « Aujourd’hui, les grilles de salaires proposées dans les conventions collectives sont de plus en plus respectées et réduisent les perspectives de négociation pour un bon nombre de candidats », explique Yoann Béné.
Pour autant, tous les cadres ne sont pas logés à la même enseigne. « Ceux du privé devraient bénéficier d’une marge de manœuvre plus importante pour négocier leurs salaires », assure Frédérique Daubard, manager exécutif senior au sein du cabinet Michael Page Santé. Il ne faut toutefois pas s’attendre à une envolée des rémunérations. « Les établissements privés cherchent, comme leurs compères du public, à avoir de bons retours sur investissement dans la mesure où ils doivent atteindre des seuils de rentabilité », souligne Jean-Louis Dubois, gérant du cabinet Humania.
Les autres leviers de motivation
Pour inciter les futurs talents à rejoindre leurs rangs, les professionnels du recrutement misent sur un autre tableau. « Notre projet d’établissement, qui englobe une forte dimension de recherche, ainsi que notre utilisation des techniques de pointe sont autant de facteurs d’attractivité qui séduisent des cadres passionnés par leur activité », assure Sandrine Poirson-Schmitt, directrice des ressources humaines du groupement hospitalier Est des Hospices civils de Lyon.
Dans le secteur privé, les établissements de soins n’hésitent pas à aménager les plannings de travail de leurs cadres afin que ces derniers puissent retrouver un équilibre familial. Finies, par exemple, les astreintes et autres permanences de dernière minute. « Les établissements proposent aux soignants d’allonger quotidiennement leur nombre d’heures de travail afin qu’ils puissent jouir de jours de repos plus souvent dans la semaine », explique Yoann Béné. Pour compenser les absences des titulaires, certaines structures misent également sur les pools de remplacement, généralement composés de vacataires.
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