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Comment gérer l’affect au travail ?

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Garder son sang froid quelle que soit la situation (professionnelle) ? Dans cette tribune libre, Catherine Deschamps, division assessment du cabinet de recrutement Robert Walters, vous livre ses conseils.

L’affect au travail est un sujet qui concerne chacun d’entre nous. A des degrés divers et variés. Qui n’est jamais devenu ami avec l’un de ses collègues ? Qui n’a jamais perdu son objectivité avec un collègue devenu proche, lors d’une tension ou d’un conflit ? La gestion de l’affect, défini comme l’ensemble de mécanismes psychologiques qui influencent le comportement (à l’opposé de l'intellect), est quasi inéluctable sur un lieu où l’on passe la plus grande partie de son existence.

En France, le lien affectif à l’entreprise est très fort. Selon un sondage TNS Sofres/Logica datant de 2011, 34 % des Français pensent que le travail les aide à s’épanouir personnellement et 33 % considèrent qu’il permet de trouver sa place dans la société. L’entreprise française est un lieu de sociabilité, qui encourage la création du tissu social, via l’organisation de « pots » internes, de fêtes d’anniversaire ou d’événements tels que Noël. Ce phénomène est diamétralement opposé dans les pays anglo-saxons, où le lien est avant tout contractuel. Le marché anglais, parce qu’il est flexible, ne crée pas d’attachement chez le salarié. Si les résultats sont mauvais, on licencie. Le salarié sait qu’il peut partir à tout moment.

Les Français s’investissent plus que de raison

Au delà de cette spécificité culturelle, l’attachement des Français à leur travail est lié à un contexte économique. Plus l’incertitude est forte, plus le taux de chômage est élevé et plus le salarié veut protéger son poste. Paralysés par la peur du vide, les Français s’investissent plus que de raison dans leur travail. En contrepartie, ils attendent beaucoup de la part de l’entreprise. Ces attentes peuvent être économiques mais aussi sociales (volonté de s’exprimer voire de se réaliser). Les résultats obtenus par la récente étude européenne menée par Ipsos et Logica pour Edenred sont révélateurs : les Français obtiennent le record de démotivation au travail. 40 % des sondés expliquent que leur motivation diminue, 68 % jugent leurs salaires insuffisants, 51 % des cadres se plaignent de passer trop de temps au travail. Parmi les raisons de leur insatisfaction, nous retenons un niveau de stress trop élevé, de faibles salaires, des possibilités restreintes d’évolution…

Au vu de leur investissement et du temps consacré à leur travail, les Français entretiennent naturellement des relations de proximité avec leurs collègues. L’affect s’exprime surtout lors des premières années de la vie professionnelle, quand l’individu n’est pas encore happé par sa vie de famille. La disponibilité encourage les amitiés. On boit des pots, on part en vacances, on devient amis. A force, les frontières entre le professionnel et le personnel s’atténuent. Il existe assurément des avantages à se rapprocher des collègues : l’individu vient au travail avec plaisir, et s’avère bien souvent plus performant. Rappelons qu’avec 43 %, l’ambiance reste le troisième facteur de motivation des Français, après la rémunération (57 %) et l’intérêt (50 %).

Que faire en cas de conflit ?

Mais, en cas de conflit, que se passe-t-il ? Comment séparer l’amitié de la relation professionnelle, encore plus quand il y a un lien de subordination ? Comment faire une remarque ou sanctionner un proche sur le lieu du travail ? Franchir la ligne de l’intimité affaiblit la crédibilité pourtant essentielle à l’affirmation de son autorité et au respect de la hiérarchie établie. Le conflit - difficile à résoudre dans tous les cas - requiert une réelle prise de distance, une grande maturité et quelques sacrifices : réduire voire mettre fin aux moments de convivialité, par exemple. Si ces efforts sont absents, la situation peut s’achever dans de mauvaises conditions : une démission, par exemple, qui risque d’entraîner de la rancœur.

Le plus important pour ne pas se laisser déborder par l’affect au travail est de trouver un équilibre entre environnement professionnel et environnement privé. Avoir des amis et des activités à l’extérieur permet de créer une coupure qui protège des aléas émotionnels rencontrés sur le lieu du travail. Ce conseil ne doit pas vous empêcher d’entretenir des relations cordiales avec vos collègues : il faut simplement bien choisir à qui l’on parle et trier sur le volet les informations délivrées. Plus on se confie, plus on se rend vulnérable et plus on s’expose à des déceptions potentielles.

Il est important de rester conscient que le monde du travail, contrairement à la vie quotidienne, est rythmé par des intérêts (économiques et sociaux) qui rendent les rapports humains plus délicats.

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