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Quand les banques recrutent des développeurs

Par Sylvie Laidet le | Réagir | soyez le premier à réagir

Pour assurer leur transformation digitale mais pas que, les banques recherchent activement des développeurs informatiques. Quels sont les profils attendus ? Comment attirent-elles ces talents rares et donc très exigeants ?

Pourquoi les banques recrutent-elles des développeurs ?

Dire que les banques souffrent encore d’une image froide auprès de leurs clients n’est pas un vain mot. Alors pour réchauffer leurs relations avec ces derniers, elles misent, entre autres, sur une digitalisation de leurs offres. « Nous souhaitons accélérer la transformation digitale de nos clients et de nos métiers afin de leur offrir une expérience client plus fluide, accessible en tout lieu et en tout temps », confirme Maryse Vépierre, directrice du pôle Ressources d’IT-CE, GIE informatique de la Caisse d’Epargne et du Crédit Foncier. La pyramide des âges vieillissante dans les banques plaide également en faveur de ces embauches de développeurs. « Notre objectif est que plus de la moitié de nos recrutements concerne des jeunes de moins de 30 ans. La moyenne d’âge chez nous étant aujourd’hui de 44 ans. Par ces embauches, nous souhaitons aussi favoriser la mixité au sein de nos équipes et donc attirer des femmes », ajoute Delphine Dujardin, responsable recrutement et carrières de Informatique Banque Populaire. Enfin, les banques recherchent activement des développeurs pour faire baisser leur taux de sous-traitance informatique, parfois très élevé. Rapatrier ces compétences en interne permettrait de fiabiliser encore davantage les process de sécurité. Ainsi, IT-CE table sur 100 embauches par an sur les 4 prochaines années, dont 70 % de développeurs. Informatique Banque Populaire mise sur 70 embauches cette année dont des ingénieurs conception développement et des experts en sécurité et en architecture informatique.

Quels profils de développeurs recherchent-elles ?

C’est simple, comme les autres secteurs, elles convoitent les meilleurs développeurs du marché. Les banques ont des systèmes informatiques parfois vieillissants qu’il leur faut quand même continuer à maintenir afin de rester performantes et compétitives sur le marché. « Pour cela, elles ont encore besoin d’ingénieurs maîtrisant les anciens langages comme le Cobol », observe Ornella Biasioli, manager IT & Digital chez Robert Walters. Le profil idéal ? Des ingénieurs informatiques dotés de 3 à 5 ans d’expérience mais pas forcément dans le secteur bancaire. « Ceux affichant une double compétence soit maîtrisant bien un progiciel du secteur bancaire ou soit diplômé d’un mastère spécialisé en finances sont encore plus attractifs aux yeux des recruteurs », détaille-t-elle. Pour répondre à leurs nouveaux besoins en termes de digitalisation des interfaces web, mobile, etc, les candidats passés par des formations type Ecole 42 sont tout à fait dans la ligne. « On attend d’eux qu’ils maîtrisent les nouvelles technologies web mais aussi les méthodologies de travail dites agiles », précise Ornella Biasioli.

 

Où vont-elles chercher les développeurs ?

Dans les écoles d’ingénieurs dont la plupart proposent des cursus en informatique et au sein des formations alternatives type Ecole 42, Web@cadémie, etc… Mais les banques chassent aussi du côté de leurs prestataires de services, les ESN (ex-SSII), à qui, dans un premier temps, elles délèguent la formation de jeunes recrues. Et chez qui, dans un deuxième temps, elles identifient les meilleurs éléments et les embauchent.

 

Comment font-elles pour attirer ces développeurs ?

Ce marché de l’emploi étant plus que jamais favorable aux candidats, les banques doivent s’adapter à leurs exigences. Côté salaire, pas vraiment de surenchère salariale constatée (en tout cas avouée). Un développeur jeune diplômé, peut, selon le niveau de son école d’origine, émarger entre 35 000 et 40 000 euros par an. Avec 3 à 5 ans d’expérience, le salaire annuel peut rapidement atteindre 50 000 euros. Voire plus s’il maîtrise un langage rare mais néanmoins essentiel. « Si la banque apprend que le candidat retenu est positionné sur plusieurs processus de recrutement en même temps, surtout chez un concurrent, elle est susceptible de doper la proposition salariale », reconnaît tout de même Émilien Meyer, chargé de communication du cabinet de recrutement EasyPartner. Même si cette démarche ne concerne vraiment que les cadors.

Si ce n’est pas avec le salaire, les banques sont quand même obligées de proposer des packages intéressants pour attirer de bons développeurs. La convention collective de la banque, très avantageuse notamment en ce qui concerne les congés, ne laisse visiblement pas les jeunes générations indifférentes. D’ailleurs les grandes banques ne s’y trompent pas. Informatique Banque Populaire, qui au départ relevait de la convention collective Syntec, adhère aujourd’hui à celle du secteur bancaire. La qualité des projets à mener est également source de motivation pour les candidats. « La variété des projets et la possibilité de travailler sur des projets transverses au sein du groupe BPCE, en particulier au sein de nos digital centers, attirent également beaucoup les candidats », constate Maryse Vépierre, directrice du pôle Ressources d’IT-CE. « Les développeurs apprécient aussi les environnements technologiques pointus utilisant les derniers framework et les dernières librairies. Les banques n’investissent pas uniquement sur la personne mais aussi sur le matériel », insiste Émilien Meyer.

L’environnement de travail est également capital pour ces développeurs. « Certaines banques testent le télétravail, argument très significatif pour cette population dans leur prise de décision », soutient Ornella Biasioli du cabinet Robert Walters. Enfin, les banques doivent apporter la preuve aux candidats qu’ils pourront se former et évoluer. « Pour eux pas question de rester figer sur un langage. Certains établissements bancaires leurs laissent même la possibilité de participer à des hackathons internes ou externes », constate Émilien Meyer. Pour ce qui est de l’évolution de carrière, les banques font valoir les passerelles entre les différentes entités de leur groupe. Voire des mobilités à l’international.

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